Selon l’indice, l’Afrique de l’Est est bien avancée dans l’intégration régionale.

11 avril 2016

L’Indice de l’intégration régionale en Afrique est le fruit de la collaboration de la BAfD, de la Commission de l’Union africaine et de la CEA. L’objet premier est de collecter des données sur l’impact de l’intégration régionale.

Alors que l’on considère souvent que l’intégration régionale est un élément essentiel de la transformation économique, jusqu’à présent il n’existait pas de mécanisme permettant de mesurer systématiquement la performance des pays africains et des diverses régions du continent à cet égard. Le présent rapport expose la situation actuelle et fait apparaître les lacunes ainsi que les pratiques optimales à cet égard.

L’Indice de l’intégration régionale en Afrique retient 16 indicateurs répartis entre cinq grandes dimensions : l’intégration commerciale, l’intégration productive, l’infrastructure régionale, la libre circulation des personnes et l’intégration financière. Les indicateurs mesurent plusieurs aspects importants tels que la part du commerce intrarégional dans le commerce total du pays ou encore la proportion des vols intrarégionaux. Le Kenya, l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire et le Cameroun obtiennent des notes élevées pour plusieurs de ces dimensions.

Mme Fatima Haram Acyl, Commissaire pour le commerce et l’industrie de la Commission de l’Union africaine (CUA), a bien montré combien il importait d’utiliser les données établies par l’Afrique elle-même pour mesurer l’intégration régionale. « Grâce à cet indice, la CUA, la BAfD et la CEA travaillent à la réalisation des objectifs de l’intégration du continent. Les conclusions établies montrent que si des progrès sont faits dans les 28 pays qui obtiennent les meilleures notes dans les huit communautés économiques régionales, les notes moyennes d’intégration sont inférieures à la moitié de l’échelle retenue. L’Afrique doit donc poursuivre activement son intégration régionale. »

En outre, l’Afrique a encore beaucoup à faire pour que tous les pays parviennent au niveau atteint par ceux qui obtiennent les meilleures notes dans les domaines de l’intégration régionale. C’est pour l’intégration financière et la convergence des politiques macroéconomiques que les performances, dans la région, sont les plus disparates. Il est à noter que, selon le rapport, les pays dont l’économie est parmi les plus importantes ne sont pas toujours ceux qui obtiennent les meilleures notes pour l’intégration régionale.

Charles Lufumpa, économiste principal par intérim à la BAfD, constate l’importance que revêt l’indice pour les dirigeants qui choisissent des politiques. « L’indice est conçu non seulement comme instrument de suivi et d’évaluation sur les questions de l’intégration régionale, mais aussi comme tableau de bord à l’intention des dirigeants. En facilitant l’accès à une information critique sur l’intégration régionale, l’indice améliorera la qualité de la prise des décisions en Afrique à ce sujet. »

Stephen Karingi, Directeur de la Division de l’intégration régionale, de l’infrastructure et du commerce à la CEA, fait observer que l’indice « est à la fois un exercice de mesure et un appel à l’action ». Il ajoute : « Il est destiné à tous ceux qui s’intéressent aux perspectives de l’Afrique, notamment aux décideurs régionaux et nationaux, à ceux qui conçoivent les politiques, aux chercheurs, aux dirigeants d’entreprise, aux membres de la société civile et aux partenaires de développement, aux journalistes et au public. L’indice montrera où des solutions doivent être trouvées pour concrétiser et poursuivre l’intégration en Afrique. »

Convoquée par la CAE et par la CUA, la conférence d’une semaine a examiné certains des aspects les plus importants du développement de l’Afrique.