L’indice est un projet commun de la Banque africaine de développement, de la Commission de l’Union africaine et de la Commission économique pour l’Afrique ; il fait la synthèse des dimensions suivantes : libre circulation des personnes, intégration commerciale, intégration productive, liaisons et infrastructures régionales et convergence des politiques macroéconomiques.

Principales conclusions

En termes d’intégration régionale, le Maroc se classe 2e dans l’Union du Maghreb arabe, (UMA) mais 17e dans la Communauté des États sahélo-sahariens en matière d’intégration commerciale ; 2ème dans l’UMA et 3e dans la Communauté des États sahélo-sahariens (CEN-SAD) en ce qui concerne l’intégration productive, selon l’indice d’intégration régionale en Afrique produit par la Commission économique pour l’Afrique (CEA) (voir tableau 1). Ces classements témoignent des défis que doit relever le pays pour diversifier ses exportations vers l’Afrique subsaharienne, bien qu’il entreprenne des efforts dans ce sens.

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  • 9e dans la CEN-SAD (score : 0.45). 1er dans l’UMA (score : 0.58).

CEN-SAD

Classement du Maroc dans la CEN-SAD

Pays à forte performance – la note est supérieure à la moyenne des pays
Pays à performance moyenne – la note est proche de la moyenne des pays
Pays à faible performance – la note est inférieure à la moyenne des pays
Note moyenne des pays membres de la communauté économique régionale

Comparer Maroc's notes globales

Intégration commerciale
Infrastructures régionales
Intégration productive
Libre circulation des personnes
Intégration financière et macroéconomique

UMA

Classement du Maroc dans la UMA

Pays à forte performance – la note est supérieure à la moyenne des pays
Pays à performance moyenne – la note est proche de la moyenne des pays
Pays à faible performance – la note est inférieure à la moyenne des pays
Note moyenne des pays membres de la communauté économique régionale

Comparer Maroc's notes globales

Intégration commerciale
Infrastructures régionales
Intégration productive
Libre circulation des personnes
Intégration financière et macroéconomique

Analyse des performances du Maroc's selon les diverses dimensions

Libre circulation des personnes: Pour cet aspect, les pays africains sont notés selon deux indicateurs: la part des protocoles sur la libre circulation des personnes au niveau des CER ratifiés et le nombre d’autres pays africains dont les ressortissants sont autorisés à entrer sans visa ou avec un visa à l’arrivée. Le Maroc obtient des résultats moyens pour cet aspect. Selon les sources consultées, il permet aux ressortissants de 25 pays africains d’entrer sans visa ou avec un visa à l’arrivée. Le Maroc a ratifié l’outil de l’UMA et de la CEN-SAD.

Intégration commerciale: L’Indice comprend trois indicateurs concernant l’intégration commerciale, c’est-à-dire les tarifs douaniers moyens sur les importations intra-CER et les importations et exportations de marchandises intra-CER. Le commerce de service n’est pas inclus en raison du déficit de données sur ce type de commerce au sein de l’Afrique. À l’examen de ces indicateurs, l’on note que le Maroc a mis en place des tarifs douaniers proches du taux zéro sur les importations de l’UMA, avec un tarif moyen de seulement 0,01 % selon les dernières données disponibles. Néanmoins, ses échanges commerciaux avec le reste de l’UMA sont assez faibles. Ses importations ne représentent que 1,5 % de son PIB en 2013, celles provenant de la CEN-SAD s’élèvent à seulement 0,8 %. Pour comparaison, les biens importés par la Tunisie (UMA) comprennent 4 % de son PIB, et ceux du Mali (CEN-SAD) représentent 15 % de son PIB. Les exportations du Maroc représentent environ 0,5 % de son PIB pour l’UMA et 1 % pour la CEN-SAD.

Ces résultats sont faibles par rapport à ceux de la Tunisie (UMA), dont les exportations représentent environ 3 % de son PIB, ainsi qu’à ceux du Togo (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) qui représentent environ 11 % du PIB.

Intégration productive: Le Maroc est le 6e pays africain le mieux classé concernant l’indice de complémentarité du commerce de marchandises de la Conférence des Nations Unions sur le commerce et le développement (CNUCED), ce qui indique que sa production est relativement spécialisée pour s’intégrer aux chaînes de valeur régionales.(1)

Malgré une faible part des flux intra-régionaux dans le PIB marocain, on constate une bonne avancée concernant celle des biens intermédiaires. En effet, ses importations en provenance de l’UMA représentent 113 millions de dollars des États-Unis en 2013, et 218 millions de dollars des États-Unis pour la CEN-SAD. Il occupe ainsi la deuxième et cinquième position respectivement. De même, ses exportations en biens intermédiaires représentent 113 millions de dollars des États-Unis (UMA) et 326 millions de dollars des États-Unis (CEN-SAD). Il se range ainsi en deuxième et quatrième position.

Infrastructures: Le Maroc a enregistré des performances remarquables dans le secteur des télécommunications. Le Maroc est le 2e pays africain le plus rapide après le Kenya (21 mégaoctets), ce qui est important pour les communications internationales, notamment pour soutenir le commerce de services.

Depuis 2004, le Maroc s’est doté d’un ensemble de dispositifs afin de développer le secteur des technologies de l’information et des communications, notamment les infrastructures, dont des notes d’orientations générales et un Plan Maroc numérique en 2013. Les réformes mises en oeuvre à travers ces dispositifs ont amélioré sensiblement l’accessibilité des usagers aux nouvelles technologies de l’information et des communications et donné au Maroc une position de premier plan dans le domaine des technologies de l’information. Les diverses organisations non gouvernementales ont constitué de véritables feuilles de route pour toutes les parties prenantes aussi bien les opérateurs privés que publics. Les réformes ont permis d’obtenir des résultats substantiels avec un parc fixe et mobile de 34 millions d’abonnés et 2 millions d’abonnés à Internet. Pour maintenir cette dynamique et garder son premier rang, l’Agence nationale de régulation des télécommunications a par ailleurs adopté en 2013, le Plan national pour le développement du haut et très haut débit.

Ce plan vise à généraliser à l’horizon 2022 l’accès aux services de télécommunications à haut débit à l’ensemble de la population du pays, avec pour objectifs: d’assurer l’accès au haut débit de la totalité de la population (au minimum 2 MB/s) au plus tard dix ans après la mise en oeuvre du Plan; de s’assurer que tous les services publics administratifs, particulièrement ceux situés dans les zones éloignées ou peu rentables, ont accès à l’Internet haut débit (au minimum 2 MB/s) au plus tard cinq ans après la mise en oeuvre du Plan.

La mise en oeuvre de ce nouveau plan en 2014 a favorisé un développement de l’infrastructure technique permettant un accroissement rapide de l’usage d’internet. Ainsi, la bande passante Internet internationale a connu une croissance annuelle de 9,22 %, passant de 412 GB/s en 2013 à 450 GB/s en 2014. En termes de capacité de production d’électricité nette par personne, le Maroc est le neuvième pays africain.

  • Libre circulation des personnes: 18e dans la CEN-SAD (score: 0.33), 4e dans l’UMA (score: 0.33). Le pays le plus performant dans l’UMA est l’Algérie (score: 0.8).
  • Intégration commerciale: 17e dans la CEN-SAD (score: 0.32), 2e dans l’UMA (score: 0.79). Le pays le plus performant dans l’UMA est la Tunisie (score: 0.97).
  • Intégration productive: 3e dans la CEN-SAD (score: 0.54), 2e dans l’UMA (score: 0.59). Le pays le plus performant dans l’UMA est la Tunisie (score: 0.67).
  • Intégration financière et convergence des politiques macroéconomiques 11e dans la CEN-SAD (score: 0.49),1er dans l’UMA (score: 0.5).

Références

(1) Calculé en faisant la moyenne des quantités suivantes: la complémentarité commerciale du Maroc avec les pays de la Communauté des États sahélo-sahariens et de l’Union du Maghreb arabe.